Préambule pour un socle commun

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PREAMBULE POUR UN SOCLE COMMUN.

Trente ans après l’ouverture au néo libéralisme, en France il a débuté par le plan de rigueur de 1983 et l’ouverture progressive aux mouvements de capitaux, une génération toute entière de Français n’aura connu qu’un monde en crise perpétuelle, une « classe politique » impuissante, une gauche oubliant ses valeurs et ses engagements électoraux lorsqu’elle gouverne et une société française qui ne croit plus en son avenir. Le 11 janvier a été sans suite faute de moyens ou de décisions à la hauteur des discours pourtant prometteurs. Cette manifestation, sans précédent depuis près de cinquante ans, en unissant dans la rue « République et Nation » a prouvée que nos concitoyens n’ont pas cessé de croire en eux en tant que peuple. Ils ont apporté la preuve de la solidité de notre socle républicain qui reste la source d’espoir. La République n’est ni un slogan, ni une nostalgie. Elle est une réponse aux défis lancés par notre pays. La France doit se saisir de la crise Grecque pour reconquérir sa souveraineté populaire. Elle doit être le fer de lance d’une rupture avec l’orientation néo-libérale de l’Europe en s’appuyant sur les peuples qui subissent une crise sans précédent au niveau économique et monétaire. Les pays de l’Europe du Sud comme l’Espagne, l’Italie, le Portugal et la Grèce doivent être sollicités pour aller vers un changement radical de la politique européenne et élaborer un véritable partenariat avec tout le pourtour méditerranéen.

Ce sont des questions comme la nation, la République, une Europe des Nations, passage de la monnaie unique vers la monnaie commune, qui doivent être débattues et qui peuvent nous amener à passer d’une Europe de la divergence à une Europe de la convergence donc de la solidarité entre les peuples.

Bref passons de la soumission à l’action c’est à dire cessons de nous soumettre au « Diktat » de l’Allemagne, quand ce n’est pas porte parole des Etats Unis comme le fait Hollande sur le traité en projet entre l’Europe et les USA. Car si rien n’est fait la montée inquiétante du FN ne sera pas enrayée.

« LA CRISE » RESTE DEVANT NOUS

1 – La mondialisation n’est ni heureuse ni paisible
Aujourd’hui rien n’est réglé. Ce qu’on appelle la crise n’est pas derrière nous mais devant nous. Le modèle du capitalisme financier a remplacé le fordisme. La chaine de valeur a été brisée. Des pans entiers de la production ont été délocalisés. L’Europe, comme les USA se sont désindustrialisés, les Etats ont été paupérisés et se sont fortement endettés pour maintenir leur niveau de vie. Les Etats ont abandonné le pouvoir aux « investisseurs » financiers qui accaparent la plus grande part des plus values qu’ils réalisent sur les marchés financiers. C’est la cause des inégalités croissantes y compris dans les pays les plus développés comme les USA et l’Allemagne : d’un côté il y a les rentiers de la finance et de l’autre la masse qui vit de son travail, y compris les couches moyennes traditionnelles, progressivement laminées. Parallèlement à cela une « nouvelle petite bourgeoisie » séduite ou bénéficiant de la mondialisation se concentre dans les métropoles, le centre des villes grandes ou moyennes, tandis que les couches populaires sont reléguées dans les banlieues ou en périphérie. Les espaces ruraux s’anémient ou se désertifient. Les conséquences pour l’environnement s’en trouvent accentuées.

Le système financier mondialisé est un système fou synonyme de court-termisme qui échappe à toute régulation. La commission européenne a imposé partout le primat de la concurrence. Nous sommes à l’aube d’une nouvelle crise financière. Depuis 1990, l’Europe est à « tout vent », l’acte unique, approuvé par tous les Etats, a permis la libéralisation des capitaux à l’intérieur de l’Europe comme vis à vis, ou en provenance de pays tiers c’est à dire à l’échelle du monde. L’Europe représentant 40% du commerce mondial, on peut dire que la gauche française, suivant en cela Thatcher en Grande Bretagne et Reagan aux USA a parachevé le travail.

2 – La crise est aussi géopolitique

Depuis la crise de subprimes de 2008 les USA n’ont cessé de s’endetter. Ses créances sont détenues par la Chine. La création de la Banque asiatique est le prélude à une nouvelle « monnaie mondiale » qui menace le rôle du FMI donc du système de Bretton-Woods.
Les équilibres du monde se déplacent : la guerre des monnaies est engagée. La monnaie européenne est restée une devise de second rang et n’a jamais voulu concurrencer le dollar.

C’est dans ce contexte que les Etats Unis qui veulent maintenir une certaine suprématie, tout en acceptant et reconnaissant la montée de la puissance chinoise, essayent de conforter leur domination par la négociation de traités transpacifique et transatlantique. Ceci va au-delà du libre échange et vise à imposer les normes américaines et le règlement des litiges entre les entreprises et les Etats devant leurs juridictions. Après les échecs de leurs expéditions militaires les américains sous couvert de « multilatéralisme » veulent imposés leur influence, et donc mettre sous leur dépendance, l’Europe mais aussi le japon, la Corée et les monarchies pétrolières. Les négociations de ces traités menés dans la plus grande opacité signifieraient la fin de toute indépendance. Sans oublier bien entendu ce qui en France est notre marqueur républicain fondamental la fin des services publics (devenus privés et donc « libres et non faussés »). La commission fonctionne comme un relais efficace de la politique américaine.

La crise est aussi géopolitique. Depuis la première guerre du golfe les conflits au Proche et Moyen Orient les nations occidentales se sont enfermées dans leur volonté de domination (et la France avec son ministre des affaires étrangères comme son président n’en ont pas été en retrait bien au contraire). Avec la montée de la Chine et de l’Inde de certains pays émergents l’Europe se marginalise et se résigne au « diktat américain ».

Une Europe construite contre les peuples. Le déclin de l’Europe s’accélère : démographie, économie, défense confiée à l’OTAN, politique extérieure inféodée aux Etats Unis (la crise Ukrainienne liée au problème de la Russie), prolifération des normes et des standards bienpensants, et surtout crise de la monnaie unique illustrant un profond vice de conception. De l’Acte unique de 1986 au TSCG de 2012, en passant par le traité de Maastricht, l’Europe a organisé son déclin et s’est ouverte à tous les vents de la mondialisation.

Tous ces éléments de constat et d’analyse doivent nous permettre de mesurer le contexte dans lequel se feront les régionales et surtout les présidentielles de 2017.

CONTEXTE POLITIQUE DES REGIONALES

Inscrire les régionales dans la lutte contre la mondialisation voulue par les multinationales est nécessaire mais insuffisant. Le large constat, qui est fait de la situation, est globalement juste. Il demeure que l’échelon où les enjeux de fond sont posés est celui de la nation et de l’Etat. Le pouvoir régional n’a pas les moyens de peser sur la politique monétaire et économique inscrite dans des enjeux mondiaux. Soyons clairs : la politique conduite par la région devra définir son projet dans le cadre des traités, accords, constitutions et choix gouvernementaux qui fondent les rapports de force à l’échelon du monde, de l’Europe et de la France. Il y a incompatibilité entre une politique de gauche radicale et l’union européenne. De plus, il faut prendre acte de l’éparpillement des luttes, de leur caractère défensif, des divisions qui affaiblissent le mouvement social.

Quel peuvent donc être les arguments pour convaincre les citoyens de l’importance de conquérir des régions ?

– Il est essentiel d’intensifier les batailles politiques, idéologiques et culturelles. Parce que nous sommes à un carrefour de l’histoire de l’humanité, il est fondamental d’affirmer que l’objectif sera d’agir, chaque fois que possible et avec détermination, pour entraver les politiques imposées par le capitalisme financier international et ses relais (pour crédibiliser ce discours, réfléchir à des initiatives concrètes, susceptibles d’être mises en œuvre).

– Il faut aussi avoir l’ambition farouche de participer, dans le cadre régional, à la reconstruction d’une réelle alternative politique au niveau de la France. Cette alternative doit se bâtir en associant, partis politiques et collectifs.

-Avoir un projet qui s’appuie sur une vision solidaire des territoires composant la Normandie (cette solidarité doit être un marqueur fort). Là aussi soyons clairs. Chacun aura son projet «clé en main» et les électeurs n’y croiront guère. La bataille ne se gagnera pas sur un projet, aussi complet et crédible qu’il soit. L’aménagement du territoire en coordination avec les départements, les services publics et en particulier de santé doivent être prioritaires.

-Pour gagner, il faut, d’abord et surtout, convaincre que seront mises en place et assumées de nouvelles pratiques politiques, parce que la volonté existe et parce que c’est possible maintenant.

Engageons nous solennellement et fortement devant les électeurs sur ce que nous pourrons tenir pour la mandature :

– 1 Faire entendre, à tous les niveaux possibles, une autre voix qui brise le consensus et qui prend en compte la réalité incontournable des luttes sociales et pourquoi pas établir des convergences avec tous les mouvements progressistes porteurs d’actions sur l’emploi. Nous devons être les porte-paroles des idées neuves, de l’esprit critique. Imposons une vision différente des choses, ouvrons des brèches.

– 2 Secouer l’immobilisme et le poids de l’establishment régional conservateur.

– 3 Conforter la démocratie au travers des contre-pouvoirs créatifs et imaginatifs, favorisant le raisonnement, le jugement et l’argumentation.

– 4 Nous adresser aux citoyens et à solliciter leur avis (information appelant à la participation)

– 5 Nous inscrire dans une démarche novatrice pour faire vivre l’éducation citoyenne et populaire (par exemple, apprendre et se former pour exercer des responsabilités dans son quartier, dans son entreprise, dans son club, dans sa commune…) Le soutien à des initiatives au travers du Monde Diplomatique, République Moderne, Conférences universitaires, clubs du 3ème âge, toutes initiatives locales ou décentralisées pour irriguer l’ensemble de la Basse Normandie.

-6 Exiger que les politiques régionales donnent, réellement, la priorité, aux actions porteuses d’espoir pour les quartiers déshérités et les classes sociales en souffrance.

-7 Expliquer et justifier nos choix politiques et ceux de nos adversaires en s’appuyant sur la transparence (budgets, indemnités..) et sur le refus de la langue de bois et des discours technocratiques.

-8 Soutenir les luttes sociales et celles pour la défense de la laïcité (aller systématiquement vers les militants qui les animent).

-9 Agir pour faire souffler l’esprit républicain sur les médias (appui aux initiatives développant une information hors des dogmes et hors de l’argent).

-10 Valoriser l’exemple : refus du cumul, dénonciation sans faiblesse de toute prévarication, défense de l’intérêt général contre les intérêts particuliers, parité…

-11 Lier droits et devoirs.

-12 Donner du sens à la présence sur notre sol de celles et ceux qui y sont accueillis.

-13 Porter la voix claire de la solidarité internationale (monde juste et pacifique). Porter avec détermination un projet politique commun avec le pourtour méditerranéen.
A Hérouville Saint Clair le 20 juillet 2015
Serge LEZEMENT

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Une réflexion au sujet de « Préambule pour un socle commun »

    POUZET a dit:
    juillet 22, 2015 à 11:07

    Tout ceci est-il possible sans une remise en plat de la pratique
    et de la lettre de nos institutions ?

    J'aime

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